Dilapidation des biens du Général Lansana Conté : les révélations d’Aboubacar Soumah…

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Interview

CONAKRY-Ce sont des révélations ‘’crues’’ que viennent de faire un des membres de la famille de l’ancien président guinéen Lansana Conté. C’est un Aboubacar Soumah, au bord des larmes qui a reçu un journaliste d’Africaguinee.com pour parler du bradage des acquis légués par celui qui a dirigé la Guinée de 1984 -2008. Le député Soumah à la tête d’une commission familiale composée des enfants du Général Conté et de ses épouses indique au cours de cet entretien sa volonté de récupérer tous les biens bradés par certains enfants sans consensus préalables. Il a aussi levé un coin du voile sur l’histoire de la famille qui a dirigé la Guinée plus d’une vingtaine d’années. Lisez plutôt

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour Honorable Aboubacar Soumah !

ABOUBACAR SOUMAHE : Bonjour Monsieur BAH et bonjour aux lecteurs de votre site !

Vous êtes à la tête d’une commission qui s’oppose à la vente des biens légués par le défunt président Lansana Conté à ses enfants. De quel droit vous arrogez-vous pour réclamer une quelconque parenté avec le président Conté pour vous opposer aux vœux des héritiers de ses héritiers ?

Il s’est avéré nécessaire de mettre en place une commission qui doit veiller et protéger les biens du Général Lansana Conté. Les premiers biens de Lansana Conté sont ses enfants et ses épouses qui constituent ses héritiers. Nous qui sommes des frères, sœurs ou cousins, nous ne sommes pas des héritiers de Lansana Conté mais nous avons le droit de défendre et de protéger ses enfants et ses biens qu’il leur a légués, c’est ce que nous faisons. J’ai préféré vous faire monter pour vous montrer l’énormité des dégâts causés par Mohamed Conté et par un certain Avocat Habib Tall qui a vidé tout le contenu de ce bâtiment à étage pendant quarante jours. Mohamed Conté certes est un fils de Lansana Conté mais il n’est pas le seul (…), après le jugement d’hérédité il a été dit que le président Conté a 16 enfants et quatre épouses. Il a une famille paternelle et maternelle, si un bien de ses biens doit être vendu, même à titre de témoin un membre de la famille doit y être associé pour témoigner de la vente. Mais rien de tout cela n’a été fait (…), des personnes qui tombent de nulle part prennent les enfants en otage et vendent tous leurs biens pendant que les autres n’ont pas atteint l’âge de 18 ans et ne bénéficient de rien puisque tout a été vendu. La dernière en date est l’immeuble de la cité ministérielle dans lequel nous vivons. Donc nous avons pris notre responsabilité pour récupérer l’ensemble des biens bradés, nous allons tout saisir. J’avoue que la semaine qui suit, nous allons régulièrement saisir les tribunaux pour que justice soit rendue.

Quels liens de parenté avez-vous avec le président Lansana Conté ?

Nos liens de parenté sont étroits puisque la mère de Lansana Conté et ma mère ont un père en commun, je ne peux rien. Aujourd’hui Harouna est malade, Foromodou est paralysé, N’Faly Conté est paralysé, Hadja est aveugle (frères et sœurs de Lansana Conté, ndlr). Dans cette situation, je suis le seul intellectuel de la famille et qui assume une fonction ne serait-ce que politique connue. Si aujourd’hui ma famille me demande de les aider, je dois dire c’est parce que je n’ai pas été ministre ou ambassadeur que je ne dois pas leur venir au secours ? C’est un devoir pour moi de venir aider les enfants de Lansana Conté et de protéger ses biens et intérêts. Si tous à l’unanimité s’entendent de vendre un seul de leurs biens c’est normal qu’ils le fassent. Ils ont vendu un immeuble à un million de dollars, les enfants n’ont perçu que trois milliards et demi de francs guinéens, où est le reste de l’argent ? Contrairement à ce qu’ils veulent faire croire aux gens, moi j’ai passé toute ma jeunesse à Conakry ici, notamment à la camayenne. Même pendant le règne de mon grand-frère personne ne m’a vu tourner autour de lui pour bénéficier des largesses de son pouvoir. Celui qui n’a pas profité du pouvoir de quelqu’un pendant qu’il vit est-ce maintenant qu’il va le faire (…) ? Moi je ne suis pas de cet acabit. Même pour être à la tête de cette commission, il a fallu deux années de démarche de mes parents, je n’en voulais vraiment pas, mais comme ce sont mes parents, j’ai accepté.

Pouvez-vous nous faire un état des lieux des biens du défunt président Lansana Conté qui ont été vendus ?

Même là où nous sommes (plateau de la Cité ministérielle, ndlr), c’est la seule résidence civile dont disposait le président Lansana Conté. Ici d’ailleurs ils ont même fait incinérer des objets personnels du président, c’est une façon d’effacer les mémoires du Général Conté. Ils ont tout vendu, nous avons un autre immeuble dans ce quartier aussi, un autre vendu à Kazaliou, à Cassius Dioubaté, Kountia, à Taouyah, à Belle-vue, à Kagbelen (…), terrains et maisons tout a été systématiquement vendu. Le domicile dans lequel nous sommes, qui s’étend à plus de 3 hectares, ne peut être vendu à un prix dérisoire de 5 millions de dollars y compris l’immeuble de cinq étages. Même un fou ne l’aurait pas fait

Mais Mohamed Conté dont vous parlez est un fils de Lansana Conté issu de l’union avec Kadiatou Seth ?

Oui c’est un de ses fils (…), mais est-ce que dans la succession où il y a seize personnes et quatre épouses une seule personne peut-elle décider à la place des autres ? C’est une question d’unanimité surtout si ça trouve dans l’indivision. Lorsque nous avons mis cette commission en place, nous sommes allés voir le juge Sow au Tribunal de première Instance de Kaloum qui a pris une ordonnance d’inventorier tous les biens de Lansana Conté. Le juge n’a jamais demandé à un notaire, à un huissier ou à un commissaire-priseur à plus forte raison à un avocat de vendre les biens de Lansana Conté.

Est-il seul dans cette série de ventes de biens laissés par son défunt père ?

Là où nous sommes (cité ministérielle, ndlr), il est le seul à avoir vendu (…), il est même le seul à avoir vendu à Kipé, Kountia, ce qu’il a vendu à Cassius Dioubaté. Il fait croire aux autres qu’il envoie cet argent à sa mère. Tout le monde sait que sa maman (Kadiatou Seth, ndlr) est dans un état de santé mentale dégradée (…), elle est séquestrée, aucun membre de la famille ne sait où se trouve cette bonne dame, même sa propre mère ou les plus petits de ses frères ne savent pas où elle est. Nous avons même décidé avant l’ouverture de ce procès de faire venir Daouda et Ibrahima (autres fils de Lansana Conté, ndlr), pour témoigner devant l’opinion nationale et internationale que tout ce que cet Habib Tall (avocat de Mohamed Conté, ndlr) dit ce ne sont que des mensonges.

Le Général a-t-il laissé un testament pour l’héritage de ses biens ?

Pour une fois encore je dis, nous les frères et sœurs, nous ne sommes pas pour une fois des héritiers de Lansana Conté mais nous avons l’obligation morale et familiale de défendre et de protéger les enfants et les biens de Lansana Conté (…), rien ne nous appartient même une aiguille, le seul bien qu’il nous a légué ce sont bien sûr ses enfants. Leurs propriétés ne doivent pas être dilapidés par des bandits.

L’on peut savoir qui est l’acheteur de cette résidence de Donka dont vous parlez ?

Il parait que c’est un certain Kégneko et Mamoudou Ghuisse (…), ils se sont associés pour acheter le domaine.

Qui sont-ils ? Est-ce des opérateurs économiques ou des hommes d’affaires guinéens ?

A mes yeux ce ne sont que des mafieux (…), ils ont l’étiquette d’être des opérateurs économiques mais derrière cela ce ne sont que des mafieux.

Comment comptez-vous récupérer alors ces domaines sus cités par vous ?

Si Mamoudou Ghuisse a été chez moi avec son avocat, je lui ai dit de ne payer aucun local, ce sont des biens d’un ancien chef d’Etat qui sont invendables. Il y a même une loi guinéenne qui le stipule (…), les chefs d’Etats vivant ou morts sont protégés par la loi. Comment voulez après qu’on leur ait dit de ne pas acheter ils continuent à le faire, c’est parce qu’ils veulent dilapider. Ils nous trouveront sur leur chemin et nous les prouverons en plus que Lansana Conté avait une famille et il n’est pas tombé du ciel. Si les enfants ne sont pas conscients de cela, nous allons les conscientiser et nous défendrons les biens et les acquis de leur père jusqu’à la mort.

 

Entretien réalisé par

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 13

Créé le Lundi 15 mai 2017 à 10:51

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