Migrants détenus en Libye: "Sortez-les de là!" (MSF)

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Les camps de détention de migrants d'Afrique sub-saharienne en Libye "sont essentiellement des hangars à humains", a jugé lundi à Rome Arjan Hehenkamp, directeur général de Médecins sans frontières (MSF) Pays-Bas, de retour de mission, appelant à les "sortir de là".

Sous l'égide de son antenne néerlandaise, l'ONG fournit une assistance médicale dans des centres placés sous le contrôle du gouvernement d'union à Tripoli, mais de facto aux mains de milices avec lesquelles il faut sans cesse négocier les conditions d'accès.

"Ces centres sont essentiellement des hangars à humains", où les migrants sont entassés par dizaines, sans air, mal nourris et sans soins, soumis aux violences des réseaux de passeurs.

"Les gens sont abusés, usés, vendus...", a-t-il raconté lors d'une conférence de presse.

Certains sont arrivés il y a peu dans l'espoir de gagner l'Europe, d'autres vivaient depuis longtemps en Libye, où la manne pétrolière et le panafricanisme de Mouammar Kadhafi donnaient l'image d'un pays où l'on pouvait gagner sa vie.

Dans ces centres, "les gens ont perdu toute forme de contrôle, ils sont à la merci de leurs geôliers. Ils ne peuvent pas parler mais leurs yeux sont suppliants. J'en reviens avec une seule idée en tête: +Sortez-les d'ici+", a-t-il expliqué.

Pour lui, cela ne passe cependant pas par les efforts européens pour pousser les tribus du sud du pays à bloquer le trafic d'êtres humains et les gardes-côtes libyens à empêcher les embarcations d'atteindre les eaux internationales.

Décrivant un pays plongé dans le chaos des milices qui voient les migrants comme "des billets sur pattes", le responsable de MSF a insisté: "Il est simplement impossible d'imaginer que la Libye d'aujourd'hui puisse faire partie d'une solution".

Et les efforts de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour raccompagner certains migrants dans leur pays le laissent dubitatif: "Parler de retours volontaires est hypocrite. Personne ne peut faire un choix volontaire dans ces centres. Mais tout vaut mieux que d'y rester".

 

AFP

Créé le Jeudi 06 avril 2017 à 8:25

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