Dr Abdourahmane Diallo après sa tournée à l’intérieur du pays : « Je suis satisfait… »

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Interview
Dr Abdourahmane Diallo, Ministre guinéen de la santé
Dr Abdourahmane Diallo, Ministre guinéen de la santé

CONAKRY- C’est une tournée réussie que vient de boucler le Ministre Abdourahmane Diallo dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. Le Chef du Département de la santé et de l’hygiène publique tire ici le bilan de sa visite dans plusieurs structures sanitaires. Le Dr Abdourahmane Diallo s’est confié à notre rédaction…

 

AFRICAGUINEE.COM :  Monsieur le ministre bonjour ! Vous venez de boucler une tournée dans plusieurs structures sanitaires de la moyenne Guinée. Quel constat avez-vous fait ?

DR ABDOURAHMANE DIALLO : La visite à l’hôpital préfectoral de Dalaba met un terme à une tournée sur la moyenne-Guinée au cours de laquelle nous avons visité un certain nombre de préfectures. L’objectif de cette tournée s’articule autour de trois points : le premier point c’est de lancer officiellement les premières journées nationales de vaccination contre la polio pour l’année 2017 et de suivre le déroulement de cette vaccination au niveau des préfectures. Le deuxième point c’est la rencontre avec les différentes autorités administratives et sanitaires des préfectures traversées, donc visiter les formations sanitaires, rencontrer le personnel, voir les conditions dans lesquelles le personnel travaille, l’infrastructure sanitaire, le niveau d’équipement , le besoin en personnel, pour qu’une fois de retour à Conakry avec les différentes équipes, nous examinions les différentes voies et les différents moyens pour faire face à tous les problèmes identifiés au cours des voyages. Le troisième point de cette visite c’est de nous assurer de l’effectivité d’une priorité du Chef de l’Etat, c’est-à-dire la gratuité des accouchements et de la césarienne.

Au cours de cette visite avec les différents partenaires notamment l’UNICEF et l’UNFPA, nous avons équipé les différentes structures de santé en intrants et en équipements pour les consultations prénatales, les accouchements y compris la césarienne, et pour la prise en charge du nouveau-né. Nous sommes vraiment satisfaits du déroulement de cette mission. Comme vous l’avez suivi nous sommes allés sur le terrain avec les partenaires qui nous accompagnent notamment l’OMS, l’UNFPA et l’UNICEF pour constater vraiment comment se passent certains programmes sur le terrain.

Quel regard portez-vous sur l’entretien et la gestion des structures sanitaires que vous avez visitées ?

Grosso modo, je suis très satisfait de ce que j’ai vu. Vous savez nous avons défini les priorités et nous avons partagé ces priorités avec les différentes autorités sanitaires jusqu’aux responsables des structures sanitaires. Donc je suis vraiment content par exemple au niveau de l’hôpital de Dalaba ici, vous savez que l’amélioration des services des urgences est une priorité, donc voir que des services d’urgences sont créés dans toutes les structures sanitaires et que les kits de prise en charge de situation d’urgence sont disponibles est une satisfaction. Par endroit, c’est vrai il y a des défis à relever notamment au niveau de l’espace. Donc c’est l’un des défis que nous avons enregistrés avec nos services techniques et  auxquels nous allons nous attaquer.

 Il y a dans certaines localités comme Timbi Tounny dans Pita  où vous n’avez pas apprécié la collaboration entre certains partenaires et la communauté dans la réalisation de certaines infrastructures sanitaires. Que comptez-vous faire ?

Oui on a de ces réalisations où les structures ne répondent pas aux normes définies par le ministère de la santé. Néanmoins les populations ont besoin de ces centres de santé. De notre côté nous allons voir comment les rendre fonctionnel si possible les ramener aux normes définies par le ministère de la santé.

Dans la plupart des structures que vous avez visitées, un problème de radiologie se pose partout presque. Qu’est ce que vous envisagé pour palier à ce problème ?

Nous avons ce qu’on appelle la cartographie sanitaire au niveau de la direction nationale des services hospitaliers et de l’hygiène hospitalière. Les différentes infrastructures sont recensées, le besoin en équipement et en personnel. Donc nous sommes informés des situations où les services de radiologie sont en difficulté.

Un certain nombre d’appareils de radiologie vient d’être installé dans certaines structures de santé. Vous avez vu par exemple Mamou vient de bénéficier d’une nouvelle radio. Et c’est ce que nous faisons s’il y a de l’équipement en excès quelque part nous le redéployons ailleurs. Donc la radio qui était avant à Mamou va être redéployée à Dalaba. Et de toute façon nous sommes très bien informés de la situation de ces radiographies. Nous travaillons avec les partenaires pour corriger toutes les imperfections que nous avons constatées au cours de nos différentes visites et sur les différents rapports que nous avons reçus au niveau central.

Autre aspect, nous avons senti des problèmes relationnels au niveau de certains responsables comme l’hôpital régional de Labé, à Pita des tensions commençaient à naitre, chacun essaye de rapporter l’autre. Des mesures sont-elles envisagées parce que si la collaboration n’est pas franche dans les hôpitaux, n’est-ce pas que le patient qui paye les frais?

Vous savez que si vous avez plusieurs personnes à regrouper ensemble il y a toujours un problème de dynamique, un problème de relations, un problème d’humeur. Effectivement nous avons constaté quelques frustrations par-ci par-là entre différentes personnes en différentes endroits, mais ce que je veux dire que c’est régulier ça arrive par ci par là.

Donc nous une fois qu’on est informé, avec les autorités administratives, avec les autorités sanitaires locales, nous examinons les problèmes à fond et nous prenons les mesures qu’il faut. S’il y a une responsabilité située, nous prendrons les mesures adéquates indiquées selon les textes et nous réagissons le plus rapidement possible.

Monsieur le ministre vous venez de déployer un nombre important d’agents de santé à l’intérieur du pays, mais les responsables à tous les niveaux n’ont pas manqué d’exprimer leur inquiétude pour le maintient de ces agents dans le pays profond. Quelle garantie pouvez-vous leur donner à ce niveau ?

C’est vrai, le Gouvernement a fait beaucoup d’efforts en recrutant et en déployant environs 3000 agents de santé. Nous avons insisté à notre niveau pour que ces agents soient déployés à l’intérieur du pays. Je saisi cette occasion pour dire il y a quelques uns qui sont restés à Conakry, ce ne sont pas de nouvelles affectations. Il faut dire parmi ceux qui sont admis au concours il y en a certains qui étaient à Conakry, il y en a parmi eux qui étaient bénévoles dans différentes structures de la capitale. Regardez au niveau de l’aéroport de Conakry, la surveillance se faisait par des agents qui étaient là en poste. Donc ces agents là ont été confirmés dans les structures dans lesquelles ils travaillaient.

 Le problème Monsieur le ministre est qu’à chaque fois que des fonctionnaires ou des médecins sont mutés à l’intérieur du pays, ils vont se présenter à leur lieu d’affectation ensuite retournent à Conakry au détriment des malades. Que comptez-vous faire pour corriger cela ?

Il est vrai qu’il y a un défi dans le maintien des agents déployés à l’intérieur du pays mais ce que nous sommes en train de faire c’est d’innover un petit peu dans le suivi de la présence de ces agents à leur lieu d’affectation. Nous avons responsabilisé les différents superviseurs, nous avons rendu chaque superviseur responsable, de s’assurer de la présence sur le terrain des agents qui sont sous son contrôle. Dans les rapports mensuels d’activité, nous avons développé des outils et avons exigé que le rapport sur la présence de chacun soit inclu de façon systématique.

Il n’y a pas que cela, l’autre politique il faut encourager les agents déployés à l’intérieur. L’une des mesures que nous avons prises au ministère de la santé, c’est d’associer, c’est d’impliquer les agents de l’intérieur du pays dans les différentes activités du ministère. Quand il y a des missions de formation à l’intérieur du pays, quand il y a des conférences internationales, quand il y a des rencontres qui donnent l’opportunité de se former, d’exposer aux différents thèmes débattus au niveau international, systématiquement nous associons les cadres de l’intérieur, donc c’est un mélange que nous faisons avec les gens du département et du personnel déployé à l’intérieur du pays. Tout ça s’inscrit dans le cadre d’un effort pour les encourager et les fidéliser dans ce qu’ils font.

Merci Monsieur le ministre !

Je vous en prie !

 

Interview réalisée par Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 657 41 09 69                                                                                                                                                                                                                                                                            

Créé le Vendredi 17 mars 2017 à 14:20

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