Attaque armée à la frontière guinéo-ivoirienne : qu’est-ce qui s’est réellement passé ? (exclusif)

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Reportage

LOLA - Des hommes armés ont attaqué le 21 décembre dernier, le village de Kpéyapa, une localité située dans une zone conflictuelle à la frontière Guinéo-ivoirienne. Bilan : un mort, côté ivoirien et d’importants dégâts matériels côté guinéen. Que s’est-il réellement passé ce jour ? Faut-il craindre une escalade des violences? Africaguinee.com à travers son envoyé spécial a mené l’enquête sur ces violences qui ont fait réagir les autorités des deux pays.  

Guéasso, est une commune rurale de Lola située à une vingtaine de kilomètres de la zone « conflictuelle ». Le maire de cette agglomération fait partie des premières autorités qui se sont rendues à Kpéyapa après les violences. Interrogé, le maire de Guéasso explique que tout a commencé le mercredi 21 décembre. « L’acte s’est produit le mercredi 21 décembre. Nous nous avons été informés le jeudi matin. Nous nous sommes rendus sur les lieux pour faire le constat », a confié Ibrahima Diawata DORE au micro de notre envoyé spécial.

Le bilan est lourd : « Il y’a eu 27 cases incendiées, tous les magasins pillés, une moto brulée, des décortiqueuses brulées et un mort du côté Ivoirien », explique le maire de la municipalité de Guéasso, soutenant qu’aucun militaire, ni gendarme n’était sur les lieux au moment de l’attaque.

Un conflit ancien

Pour le sous-préfet de Guéasso, ce conflit ne date pas d’aujourd’hui. C’est un ancien dossier qui date du régime Sékou TOURE, le père de l’indépendance de la Guinée. Mamady Traoré impute la responsabilité des violences commises à Kpéyapa à des bandits.

Provocation ?

« Je suis là il y a 3 ans. C’est la troisième fois que je gère la même situation sur Kpéyapa. A chaque fois nous sommes victimes de provocation. Une première fois, une partie du drapeau guinéen a été enlevée. Pour la deuxième fois, ils ont fait descendre le drapeau ça crée des problèmes. Les autorités Ivoiriennes à savoir le sous-préfet de Sipilo Maïté MAGASSOUBA, le chef de canton et d’autres cadres sont venus nous voir. Il était convenu qu’on se rencontre à Guéasso pour débattre de tous les problèmes au long de nos frontières. La date fut fixée ils ne sont pas venus. Après il y’a eu une troisième provocation. Le Gouverneur de la région, le colonel Thiégbro et nous autres sommes rendus sur les lieux, on a vu que notre drapeau a été brulé », a raconté le sous-préfet.

Après ces dégâts causés les autorités de Guéasso ont ténu un conseil. Il a été décidé que l’armée guinéenne et celle de la Côte d’Ivoire se retirent de la zone pour laisser la situation dans la main de la municipalité. Il a été demandé aux éléments de l’armée ivoirienne de se limiter à Tossalé, que les militaires  guinéens de se limiter vers Zia  et que tous les occupants quittent  pour attendre la matérialisation des frontières, confie Mamady TRAORE.

Pourquoi cette zone fait-elle l’objet de conflit ?

Selon les autorités de Guéasso, la zone est réputée être riche. C’est pourquoi elle attire la convoitise des deux pays. Des ivoiriens auraient vendu illégalement des portions de terre à des burkinabés qui se sont installés pour faire des plantations. Aujourd’hui, la zone serait occupée par des militaires ivoiriens qui sont hostiles aux communautés guinéennes voisines. Aujourd’hui, les autorités dissuadent tout guinéen à s’aventurer vers cette zone.

Nous y reviendrons !

 

De retour de Guéasso, Foromo Paul SAKOUVOGUI

Correspondant régional d’Africaguinée.com

A N’zérékoré

Tel. : (00224) 628 801 743

Créé le Samedi 31 décembre 2016 à 13:54

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