Week-end détente : Entretien avec l’artiste Mic Paraya Baldé…

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Culture
Mic Paraya
Mic Paraya

CONAKRY- Mouctar Paraya Baldé, plus connu sous le nom de « Mic » Paraya, nous a ouvert ses portes ce week-end. Ce précurseur de la musique pastorale de Guinée nous parle de ses débuts dans la musique, mais aussi ses ambitions pour la culture de son pays. Dans cet entretien, Mic Paraya se prononce également sur la situation actuelle de son pays, et sur les candidatures annoncées par plusieurs artistes aux prochaines élections communales. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour Monsieur Mic Paraya !

MIC PARAYE :  Bonjour Mademoiselle Bah !  

Qui est Mic Paraya ?

Mon nom c’est Mouctar Paraya Baldé, c’est depuis le bas âge que j’ai eu le nom Mic, parce que mes grands-frères m’appelaient Mouc. J’ai étudié en Guinée,  j’ai fait l’université en Faculté de  Médecine Vétérinaire de Mamou. C’est à partir de l’école primaire que le virus de la musique m’a piqué. Au collège, on a fondé l’orchestre des pionniers de Labé. Après  j’ai  intégré  le Super Collima Diazz de Labé. J’ai un long parcours dans la musique, parce que j’ai été membre fondateur de l’orchestre  de la Faculté de Médecine Vétérinaire de Mamou.  Après, je suis allé vers le Sénégal, là j’ai été membre fondateur de l’orchestre dénommé le Ramdane, qui veut dire ramper pour vaincre. Jeune, je faisais partie des meilleurs musiciens du Sénégal.  J’avais eu du succès mais je suis rentré en Guinée à la demande de mes parents. J’ai fondé mon propre groupe dénommé le Foutah Mélodie à Labé.  Je continue de former beaucoup de jeunes comme l’artiste Thierno Mamadou, Rica a fait 5 ans chez moi. Quand il a sorti son album, les gens pensaient que c’était moi. 

Qu’est-ce qui vous a motivé à être artiste ?

A mon enfance, je voyais des grandes vedettes chanter, comme les Johnny Holiday. Je me suis dit que la musique peulh est abandonnée, parce qu’on apporte de l’importance à la  culture guinéenne.  C’est comme ça que je me suis consacré à apporter de la valeur à  cette musique. J’ai démontré que la langue pular  est chantable, parce qu’elle est riche en vocabulaire dans la mélodie, pour la composition.

Quels sont vos genres musicaux et quels sont les instruments que vous jouez ?

Je chante la musique du terroir et j’utilise la guitare et le piano. J’aime donner du tempo à la musique pastorale, parce que les jeunes disaient que la musique peulh n’étais pas dansable. Les jeunes aiment s’éclater et j’ai créé le rythme  qui pouvait coller à la culture du foutah. Les gens ont aimé et on prit goût à cette musique qu’on appelle en pular ‘’podha’’. 

Quels sont les messages que vous véhiculez dans vos chansons ?

Je n’aime pas chanter du n’importe quoi. Beaucoup disent que Mic n’aime que faire des conseils, nous on veut blaguer. Mais je suis habitué à dire la vérité à ceux qui veulent l’entendre et faire des textes qu’on peut écouter avec les parents et les enfants. Parce qu’on est un jour appelé à vieillir et je veux que mes enfants arrivent  à  être fiers de moi devant leurs amis.  Je ne trouve pas ça normal, quand tes parents chantent tu es gêné. C’est pourquoi j’ai choisi des thèmes pour aider la population. Quand j’étais en stage dans un hôpital j’ai  vu une femme en travail. Je me suis dit que c’est comme ça que m’a mère a souffert pour moi. C’est  l’inspiration du morceau ‘’Youmma’’. Il avait eu le premier prix de la chanson guinéenne en 1988. Et pour que les parents acceptent que je fasse de la musique, il fallait les montrér le genre musical. J’ai fait des morceaux sur la prière, l’environnement comme ‘’Gambiyol’’et le projet Niokolo Badiar en 1995.

Avez-vous eu des difficultés dans votre carrière musicales ?

Oui, parce que mon père ne voulait pas que je chante, il a fallu l’intervention de plusieurs sages.

Combien d’albums avez-vous à votre actif ?

 J’ai réussi à faire 7 albums sans compter  les compilations avec les artistes guinéens et africains.

Selon vous pourquoi les jeunes s’intéressent beaucoup au podha ?

Le podha a pris de l’ampleur en Guinée et ailleurs. Les artistes comme Thierno Mamadou font des concerts en Europe.  Les jeunes se retrouvent bien dans ce rythme musical que je vous disais tantôt.  On ne fait qu’accélérer petit à petit.  Maintenant, je suis à 134 en tempo, et  les gens sont contents  et bougent de plus. C’est simple et beau.

Il y a Elie Kamano et Djani Alpha qui ont annoncé leurs candidatures aux prochaines élections communales. Votre avis ?

Je trouve cela normal, parce que par leurs messages on sent qu’ils sont du côté de la population. Aucun artiste ne peut encourager la souffrance de ses parents et de sa nation. Ils ne sont ni égoïstes, ni méchants.  Quelqu’un ne peut pas être au pouvoir et refuser d’aider sa propre population. Les Elie Kamano s’ils tiennent à faire de la politique je les encourage. Je suis sûr s’ils sont épaulés, ils pourront faire quelque chose, c’est clair, parce que je ne vois pas la malhonnêteté en eux à partir des messages qu’ils transmettent. 

Quelle perception avez-vous de la situation actuelle de la Guinée ?

Je vis à l’intérieur du pays, mais je ne vois aucun développement pour le moment dans tous les domaines. J’ai vu le calvaire sur la route Conakry-Labé. Avant je ne faisais pas plus de 5 heures. Aujourd’hui, il faut moins de 10 heures. Nous avons l’électricité mais nous n’avons pas d’eau potable, alors que nous sommes le château d’eau d’Afrique de l’ouest.  Je ne trouve pas normal que la Guinée reste sans eau.  Les parents parcourent des kilomètres. Ils n’ont qu’à faire leur politique mais penser à leur population. On doit entretenir des animaux à plus forte raison l’être humain. Je ne suis pas à l’aise. 

 Quels sont vos projets pour la culture guinéenne ?

Mon rêve c’est de voir cette culture émerger.  Je tiens à ce qu’on soutienne les jeunes. C’est pourquoi je ne cesse de former les jeunes de partout en Guinée.  Je voudrais vraiment que le Gouvernement se lève pour aider  es artistes à nourrir cette culture, parce qu’on ne peut rester sans culture. Il ne faut pas qu’on oublie cet aspect, parce que l’art est un patrimoine qu’on ne doit pas négliger comme c’est le cas aujourd’hui.

Merci Monsieur Mic Paraya.

Je suis très heureux d’être avec Africaguinee.com et je vous  souhaite beaucoup de progrès.

 

Entretien réalisé par BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 31 11 14

 

 

 

Créé le Dimanche 20 novembre 2016 à 11:58

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