Guinée : Bilan sur les 72 mois de gestion du pouvoir d’Alpha Condé (Opinion)

Facebook icon Twitter icon
A vous la parole

A son arrivée au pouvoir, le Président Alpha Condé affirmait avoir hérité d’un pays et non d’un Etat mais à l’état actuel de sa gestion il est en train de nous léguer une lamentable carte en pièces détachées. La Guinée actuelle sombre dans une misère abominable avec un gouvernement en déficit de bras et de cerveaux, un marasme économique, un pays confronté à des déficiences notoires concernant l’appareil judiciaire.

Sur le plan international Condé Alpha incarne la quintessence de la médiocrité, sur le plan intérieur sa politique d’austérité a créé une spirale dépressive en cercle vicieux qui fait que l’activité économique ralentie, le déficit se creuse par conséquent il est responsable de l’anémie financière et d’une poussée du chômage absolument alarmiste. Alpha fait main basse sur tout, la passation des marchés se fait à la présidence, sekhoutoureya est devenu une sorte de cartel composé de ses anciens copains et mentors. Les recettes se sont amenuisées, les dépensés se sont accrues d’où cette inflation rampante. L’on se rappelle, quand le Président Condé a pris le pouvoir le dollar variait entre 5000 à 6000 GNF et l’objectif de la BCRG était de réduire le taux d’inflation  à 5% en 2015 malheureusement à ce jour le dollar est à 9000 GNF, c’est dire qu’avec l’Alphagouvernance l’économie est aussi atteinte d’Ebola souillant de diarrhée et de sang de tous les pores, la banque centrale au lieu de rétablir les petites coupures de 10 et 25 GNF s’aventure dans une création monétaire des gros billets donc l’objectif cambiste est connu même par toto. La pauvreté immigre à kaloum, le grand banditisme et la criminalité s’accroissent, le trafic de drogue et la prostitution frappent à plein fouet la jeunesse et ce sont ces facteurs qui mettent en péril la paix sociale.

Sur le plan politique, Alpha a mis en place une commission PROVISOIRE de réconciliation qui n’a ni mandat-ni organisation-ni procédure-ni ordonnance, pire, composée d’un imam et d’un archevêque comme si c’était une crise religieuse qu’il y a en Guinée, mais de qui se moque-t-on ? Malheureusement son excellence Gassama Diaby s’est, après tous ses m’as-tu vu, refugié dans un silence de cimetière. L’opposition au lieu de se focaliser sur l’aspect électoral le plus déterminant qui est la réforme de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) perd tout son temps dans des contradictions avec le pouvoir sur l’itinéraire de telle marche ou telle manifestation. Il y a eu trop de morts pour perdurer sur ce petit débat. Je vais profiter d’ailleurs pour rappeler au Ministre de la sécurité qu’une manifestation politique ne devrait pas se résumer à une bataille rangée entre forces de l’ordre et manifestants, s’il y a un mort dans une marche pacifique le ministre de la sécurité doit démissionner parce que si les policiers sont équipés de matériels de maintien d’ordre c’est pour ne pas qu’il y ait de désordre donc il ne doit pas y avoir de morts, c’est ce qui différencie une action militaire et une action de la police. La police c’est une technique et un sens de responsabilités.

Sur le plan éducatif, il était prévu dans le plan quinquennal de développement national la construction d’une université d’envergure internationale à Conakry et 4 autres à l’intérieur du pays, 6 ans après quel est le bilan ? L’enseignement Guinéen reste le plus archaïque du monde avec 3 options au lycée pour une multitude de spécialisations a l’université sans aucune logique ni adéquation. Le ministre Damantang Albert a lui aussi piétiné les reformes tant espérées de l’enseignement technique pour porter une parole infidèle d’un gouvernement misogyne où il faut passer tous les jours à éteindre des déclarations incendiaires de mécréants politiques comme Bantama Sow et corolaires. De votre bouche on avait entendu parler des méga projets miniers de Global Alumina, de Dian dian, de BHP Billiton, de rio tinto qui créeraient des emplois directs estimés à 7300 durant la phase de construction, et 20 000 durant la phase d’exploitation. 6 ans après quel bilan ?

Cela nous conduit tout droit vers l’emploi jeunes dont le Ministère est piloté par un démagogue au courant politique obsolète qui par des faux projets dérobés de part et d’autre à berné le président avec un logiciel politique bricolé pour arriver à la tête du dit Ministère pensant à une main invisible pour y triompher. Un ministre d’emploi qui n’est même pas capable de fournir un fichier fiable du taux de chômage jeunes mais qui prétend organiser des salons d’emploi tout juste pour débloquer des fonds. Naité n’a aucune perspective, il est plutôt un prédateur inouï pour les jeunes, tout son programme politique se résume a des supposées constructions des maisons de jeunes (une technique de décaissement classique connue de tous) ou bien de programmes propagandistes d’image de marque auprès du chef de l’état. Pourtant la précarité de la couche juvénile est une bombe à retardement dont l’explosion peut rayer tout le gouvernement du schéma politique.

Bref si je me permets de résumer les 6 ans du pouvoir de Condé Alpha je le ferais en 6 mots : du Mandela Guinéen au Yanukovych Africain.

 

Mamadou Yaya Diallo

yayadcm@gmail.com

Citoyen guinéen vivant à Atlanta-USA

 

Créé le Mardi 23 août 2016 à 15:42

Facebook icon
Twitter icon
Google icon