Conakry : La galère des tailleurs à la veille de la fête de l’Aïd El Fitr (Reportage)

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Société

CONAKRY- A la veille de la fête de l’Aid El Fitr, marquant la fin du mois de Ramadan, des tailleurs  font face à certaines difficultés liées notamment au délestage du courant électrique et le manque de la clientèle. Les clients eux, parlent de la hausse des coûts de la couture.

Contrairement aux années précédentes,  dans  la plupart  des ateliers de coutures de Conakry, la rareté des clients est perceptible.  Les quelques rares clients qui viennent se plaignent de la cherté des prix.

A Dixinn Pharma Guinée, par exemple, dans un atelier de broderie, certains apprentis étaient  en train   de dormir  derrière leur machine à coudre. Sur place, aucun client n’était présent. Outre la rareté de la clientèle, les tailleurs sont confrontés aussi quelquefois au problème de courant. Interrogé, un maitre tailleur  affirme que parfois, il passe des nuits blanches  sans travailler à cause de la coupure d’électricité.

 «  Les clients viennent crier sur nous parce que leur habits ne sont pas finis. Ces derniers temps, on  passe des nuits  dans le noir ici  sans travailler. Le Courant est instable, aujourd’hui, nous avons enregistré un petit  court-circuit », déplore Mamoudou Diallo.  

Du côté de Dixinn  Liberté,  les mêmes problèmes,  se font ressentir. Les tailleurs se  plaignent de la baisse  considérable  des clients.

« Les matériels de travail sont chères, l’année passée le brillant était 25 mille francs guinéens alors que cette année,  on l’achète à 40.000. Il y a aussi les coupures intempestives de l’électricité, qu’on palie avec un groupe électrogène. Le coût de tout ça est énorme », a regretté Monsieur Barry.

A cause de la rareté des clients, les tailleurs sont obligés de faire chuter les prix. « cette année, les prix  varient entre 150 mille  à 70 mille francs guinéens, alors que l’année dernière c’était jusqu’à 300 mille francs guinéens, selon le model », indique un  couturier à Madina.

Lamah Gustave, dit tirer le diable par la queue . « On est bousculé par les clients et  tout à augmenter de GNF 5000 à 10.000, les files, les doublures, les collants. Mais on est obligé de  diminuer le prix  de GNF  15.000 à 20.000 pour  suivre le rythme des clients », s’est lamenté Lamah Gustave, lançant un appel au gouvernement.

 «  La population souffre, on paye l’impôt.  L’Etat doit à son tour  revoir notre situation, parce qu’il travaille pour nous », a sollicité Monsieur Lamah.

Certains clients préfèrent de s’abstenir cette année à acheter des habits de fête, à cause de la hausse des prix de couture. C’est le cas de cette mère de famille.

 «  Je vais laisser mon habit chez le tailleur, je préfère prendre l’habit de mon enfant. Moi je ne peux  pas sortir le jour de la fête,  parce que tout est cher.  Je viens juste d’acheter les chaussures de mon enfant à  100 mille francs guinéens alors que l’année dernière c’était à 80 mille. Je ne sais pas combien le tailleur va me taxer », se plaint Madame Anna Théa.

BAH Aissatou

Pour africaguinee.com

Tél : (00224) 655 31 11 14

 

Créé le Mardi 05 juillet 2016 à 15:30

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