Ouagadougou : Dadis Camara, en attentant son procès…

Massacres du 28 septembre 2009

CONAKRY- Inculpé depuis le 8 juillet 2015, l’ancien chef de la transition guinéenne, Moussa Dadis Camara, attend toujours l’ouverture du procès des présumés auteurs et commanditaires des massacres du 28 septembre 2009.

Depuis sa villa située dans le quartier huppé de Ouaga 2000, l’ancien Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement semble désormais se résigner sur son sort ; Celui d’un exilé.

Dans la matinée du 26 août 2015, Moussa Dadis Camara, l’ancien numéro un de la junte militaire qui s’était emparé du pouvoir en décembre 2008, a été bloqué à Accra avant que son avion ne le ramène à Ouagadougou. Les autorités guinéennes avaient à l’époque nié toute implication dans ce changement du plan de vol de l’avion qui avait à son bord Dadis Camara et plusieurs de ses proches. L’ex chef de la junte voulait ainsi mettre fin à près de cinq ans d’exil du côté du Burkina.

Après avoir décidé de mettre fin à sa carrière au sein des forces armées guinéennes, Dadis Camara s’est officiellement lancé en politique. Avec son nouveau parti, les « Forces Patriotiques pour la Démocratie et le Développement », Dadis Camara avait décidé de soutenir l’opposant Cellou Dalein Diallo lors de la présidentielle de 2015.

Inculpé dans l’affaire des massacres du 28 septembre 2009, l’ancien président du CNDD attend toujours le sort qui lui sera réservé par la justice guinéenne. Dadis Camara qui continue à clamer son innocence dans cette affaire s’est dit disposé à s’expliquer devant la justice de son pays.

Le Ministre de la justice, Maître Cheick Sako a promis l’ouverture du procès sur les massacres du 28 septembre 2009 avant la fin de cette année. Cette annonce ne semble pourtant pas rassurer les différentes associations de victimes.

Le récent procès d’Issen Habré, l’ancien président tchadien, suscite un peu d’espoir chez les victimes et leurs parents. A défaut d’une auto saisine de la Cour Pénale Internationale, ils espèrent la mise en place d’un tribunal spécial pour juger cette affaire qui concerne l’assassinat de plus de 150 civils et le viol sur plusieurs femmes.

 

Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Mercredi 22 juin 2016 à 23:04