Conakry : Des populations exposées à de graves problèmes sanitaires (reportage…)

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Reportage

CONAKRY- La décharge d’ordures de Conakry, située au quartier Dar-es-Salam, dans la commune de Ratoma, est devenue un véritable problème de santé publique. Les habitants de cette zone de la capitale guinéenne, sont exposés quotidiennement à de graves problèmes sanitaires, à cause de la pollution.

Une fumée épaisse provenant de cet unique dépotoir de la capitale, se dégage et se propage en permanence dans le quartier au grand dam des populations. Aujourd’hui, Les habitants sont partagés entre colère et résignation. Pourtant, les maladies rôdent à tout moment. Grippe, palu, Rhume… voilà le quotidien des populations.

Aminata Kouyaté est une mère de famille, dont l’habitation jouxte presque la montagne de déchets « toxiques». Assise sur un escabeau, crâne rasé, la jeune femme écaille des poissons au milieu d’une nuée de mouches que sa fille tâche de chasser à l’aide d’un éventail, quand nous l’avons rencontré. Pendant vingt, nous raconte-t-elle, elle vit sous la pollution de la décharge, au gré des saisons. Tantôt, c’est la fumée, tantôt les eaux usées. Sa famille a souvent la grippe ou le palu, confie la mère de famille.

« Chaque fois on a la grippe. Les enfants tombent souvent malades du Palu, à cause des moustiques », se désole-t-elle, précisant que pendant l’hivernage, ils sont envahis par les eaux usées. 

« S’il pleut aussi, les eaux usées provenant de cette montagne d’ordure viennent inonder complètement nos maisons. En plus une odeur exécrable vient nous envahir. Nous vivons dans la merde », crie Aminata Kouyaté, priant le président de la République de les secourir. « Les ordures, les eaux usées, la fumée nous fatiguent », s’écrie cette femme.

« On est tout le temps enrhumée », souligne, la voix hésitante, un vieil homme voisin à Aminata Kouyaté. Si c’est dans d’autres pays, observe le sexagénaire, l’Etat aurait envoyé aux populations exposées à de tels dangers, du lait ou d’autres produits pour prévenir les maladies pulmonaires. « C’est un devoir », dit-il, mais ici, poursuit-il, ils viennent, ils regardent puis retournent, sans rien faire.  

Mohamed Sagna étudie la maçonnerie dans une école professionnelle. Il dit être né dans le quartier. En lunettes de soleil, ce jeune élève « orphelin » de père et de mère, raconte qu’il a perdu tous ses parents là-bas, à cause de la pollution.

« L’Etat doit se soucier de nous, en nous aidant à dégager ce dépotoir ici. On est tous contaminé. Quand il pleut aussi, le quartier est inondé par des eaux usées », appelle le jeune l’étudiant, assied au milieu de ses amis.

Visage hirsute, Gassama Mohamed Lamine, est nouvellement venu dans la zone. Il lui a fallu peu de temps pour comprendre le danger permanent qui rôde dans la zone. « Ce que nous vivons ici est trop marrant. L’état dans lequel Dar-es-Salam est exposé est trop grave. La population est malade. Tout le monde est malade, tout le monde est contaminé,  mais chacun se recroqueville avec son petit mal », raconte-t-il.

Tout comme Mohamed Sagna, il demande aux autorités de trouver un autre endroit où amener ce dépotoir. « On nous a dit mainte fois qu’il y a un espace réservé à Kagbelen où transférer le dépotoir de Conakry. Qu’est-ce qui les empêche de dégager le dépotoir ici », s’interroge Gassama, accusant l’Etat de les exposer aux maladies.

« Entre 18h-19h, vous ne pouvez même pas distinguer un homme d’une femme, à cause de la fumée. Le gouvernement doit nous aider à déplacer cette décharge », appelle Ibrahima Sory Fofana. Reste à voir si ces différents appels seront entendus par les autorités…

 

Un reportage de Diallo Boubacar

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Mercredi 25 mai 2016 à 18:08

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