Grande interview : L’ancien gardien de but du Syli de Guinée, Kemoko Camara se confie à notre rédaction…(Exclusif)

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Interview
Kemoko Camara  Photo-Africaguinee.com
Kemoko Camara Photo-Africaguinee.com

CONAKRY- Ancien gardien de but et record man des sélections avec près de 170 capes avec le syli national de Guinée, Kemoko Camara alias ‘’Zagoli’’ pour les intimes, parle de sa vie et du regard qu’il porte sur le football actuel de son pays. Dans cette interview exclusive accordée à notre rédaction, l’ex sociétaire de l’équipe de Guinée égratigne aussi les dirigeants du football guinéen. Zagoli revient aussi sur sa profession semée d’embûches et de quelques regrets qu’il a eus au cours de sa carrière de footballeur. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM: Bonjour Mr. Kemoko Camara!

KEMOKO CAMARA: Bonjour LOUDAH!

Parlez-nous de vos débuts dans le Football, ici et ailleurs ?

Comme tous les jeunes de Conakry, j’ai débuté dans un club informel qui s’appelait ‘’Marino Diass’’, qui avait aussi formé des joueurs comme Titi Camara, Salam Sow etc.… (Anciens sociétaires du Syli de Guinée, ndlr). Ensuite je suis venu à l’Olympique de Conakry avec le même groupe d’amis dirigé à l’époque par Bouba Sampil. J’ai été champion à deux reprises dans ce club puis on a rejoint l’élite de la première division, c’est à partir de là que j’ai été repéré par l’Association Sportive de Kaloum  (ASK), où j’ai joué pendant quatre ans. Ensuite je suis parti en Belgique dans un Club de 1ère division (Harelbeke) pour trois saisons. C’est à partir de là que j’ai rejoint l’Israël où j’ai joué  pendant deux ans (Auteur d’un but somptueux  à partir de sa cage, ndlr). Après l’aventure Israélienne, j’ai posé mes valises en Afrique du Sud pour 9 mois (Amazoulou, 1ère division), ensuite j’ai tenté l’aventure en France à Scholey pour une saison.

Combien de sélection comptez-vous au sein du Syli National ?

J’ai le record des sélections avec près de 170 sélections en 2013.

D’où vient votre sobriquet Zagoli ?

C’est un monsieur de mon quartier m’a donné ce nom. Pour lui, je ressemblais à un gardien de but de nationalité Ivoirienne. C’est de là que tout est parti.

Votre plus grand souvenir ?

Mon grand souvenir est celui que je garde de mon premier coach Marino qui m’a poussé à jouer au foot. Il m’a marqué parce que je n’étais pas prédestiné à jouer comme gardien de but, c’est lui qui m’a mis dans les cages. Cela reste gravé dans ma tête pour la vie.

Avez-vous des regrets au cours de votre carrière ?

Non je n’ai pas de regrets… Mais je retiens toujours le décès de ma femme que j’ai perdue en France. Cela a été un choc pour moi. Je suis resté presque trois ans sans jouer au foot Ball. J’avais tout abandonné. C’est après que j’ai décidé de rentrer en Guinée pour terminer ma carrière au sein du Horoya.

Votre regard sur le football guinéen actuellement ?

Les choses ont vraiment évoluées dans le pays depuis un certains temps. Le championnat commence à rivaliser avec ceux du continent, malgré le manque de centres de formation. La descente des mécènes dans cette arène avec leurs moyens aide beaucoup nos jeunes. La preuve est palpable avec la prestation de l’équipe nationale locale lors du dernier CHAN (Championnat d’Afrique des Nations, ndlr) qui a joué les demi-finales. Malgré l’inexpérience, tout le monde a apprécié nos joueurs pour leur première qualification dans ce tournoi. Depuis 1976 aucune équipe nationale catégorie senior n’a atteint le niveau des demi-finales.

Après votre retraite Internationale, qu’est-ce que vous faites maintenant ?

J’ai pris ma retraite depuis 2013. Je suis le coach des gardiens du Horoya (Club 1ère division en Guinée, ndlr).  Je fais partie du staff technique de cette équipe. J’ai aussi à mon compte 23 gardiens que j’entraine. Le déficit de gardiens est palpable en Guinée comme vous le savez. On a de bons gardiens, mais mentalement ils ne sont pas forts. C’est ce que je travaille d’ailleurs, le côté mental. Pour l’instant, j’ai repéré trois bons dans le lot qui pourront faire fureur dans l’avenir.

Les cheveux ont blanchi, Zagoli a quel âge et il est père de combien d’enfants ?

(Rires…), j’ai 42 ans et je suis père de 05 enfants.           

Quels sont vos rapports avec vos anciens coéquipiers du syli National de Guinée ?

Le courant passe très bien. C’est vrai qu’on a joué ensemble mais ils restent mes grands frères, j’ai ce respect pour eux.

Selon vous qu’est-ce qui manque au football guinéen pour qu’il émerge ?  A part quelques clubs qui occupent les devants dans le championnat, les autres trainent toujours les casseroles ?

Vous savez je dis toujours ‘’ l’Homme qu’il faut à la place qu’il faut’’. Il faut mettre quelqu’un qui connait le milieu sportif.  On a une fédération qui ne se donne pas à fond (…). En guise d’exemple on prend Georges Weah (ancien footballeur Libérien, ndlr) qui veut de grandes choses pour le football de son pays. Ici par contre nous avons d’anciens sportifs qui sont là et qui trainent, on ne les associe à rien. Il n’y a pas de reconnaissance. Tu as mouillé le maillot pour ton pays, il faut qu’il y ait au moins une petite reconnaissance, même si l’on ne t’accorde pas le maximum, mais au moins le minimum de reconnaissance. C’est valable pour toutes les catégories de sport, pas seulement le football. Dans les autres pays de la sous-région on paye les anciens sportifs, pour quoi pas ici.

Un clin d’œil particulier vous a été adressé par le jeune gardien de but du Syli local Abdoul Aziz Keita, lors du dernier CHAN. Il a indiqué être bien entouré et conseillé. Quelle impression avez-vous après cette reconnaissance d’un de vos cadets dans les cages du Syli National de Guinée ?

Il a raison (rires). Sans vouloir me lancer des fleurs, je suis l’une des personnes qui lui dit la vérité en face. Même à l’entrainement si je lui dis de venir à six heures du matin s’il rate l’heure, il ne s’entraine pas. Je suis catégorique là-dessus. Si tu veux aider un gamin il faut être sévère avec lui. Comme le dit l’adage ‘’ Qui aime bien, châtie bien’’. Pendant la compétition (CHAN au Rwanda, ndlr), il m’a envoyé un texto pour me dire merci.

Votre dernier mot ?

Merci à tous ceux qui s’investissent pour le rayonnement du football guinéen. Je demanderai aux indécis de descendre dans l’arène du sport à l’image des mécènes qui ont osé mettre leur argent dans ce sport. Il faut qu’on essaye d’améliorer tout ce que l’on fait dans vie et que l’honnêteté prime entre les gens dans le sport.

Merci Monsieur Kemoko Camara !

C’est moi qui vous remercie !

 

Interview réalisée par

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Créé le Vendredi 12 Février 2016 à 13:16

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