Alliance avec Dadis: le pari risqué de Kôtô Dalein

Facebook icon Twitter icon
Présidentielles en Guinée

Le 19 juin dernier, notre Dadis national a reçu Kôtô Dalein,  à l’abri des regards du côté de  Ouagadougou. Après les salamalecs, Kôtô Dalein a déclaré ses “voeux” à notre Dadis national afin de sceller leur mariage politique, pour le meilleur et pour…..le pire!Pour faire sauter Kôrô Alpha de son Kibanyi en Octobre prochain, Kôtô Dalein a donc misé sur l’imprévisible Dadis qui n’a pas dit son dernier mot après sa longue “convalescence” du côté de Ouaga. Pourtant, à y voir de très près, plusieurs indicateurs nous montrent que ce rapprochement  avec notre Dadis national est un pari risqué pour  Kôtô Dalein.

Primo, cette alliance avec notre Dadis national risque  d’écorner l’image de Kôtô Dalein sur la scène internationale. S’il est « populaire » dans son pays notamment dans la région forestière,  notre Dadis nationale symbolise à lui seul, le ridicule et l’incompétence qui gangrènent la Guinée.  Dans ce cocktail peu reluisant, s’ajoute  la tragédie du 28 septembre 2009 où 157 civils ont été froidement tués par la garde rapprochée de Dadis et des dizaines de femmes violées ! La justice internationale qui veille au grain sur ce dossier, va mettre la pression sur les autorités guinéennes pour neutraliser notre Dadis national.

Car pour les grandes puissances occidentales, le retour au pouvoir de notre Dadis national  serait un échec cuisant après les immenses sacrifices consentis pour « l’écarter », organiser une transition et sauver le navire guinée. Evidemment, quand on sait la dépendance chronique de la Guinée vis-à-vis des « grands frères » occidentaux, inutile de dire qu’ils auront leur mot à dire dans nos élections. Pour convaincre les occidentaux sur son alliance avec Dadis, l’argument du « besoin de réconciliation » en Guinée ne suffira pas à Kôtô Dalein. Même si la présomption d’innocence est valable pour notre Dadis national dans le dossier du massacre de 2009, aucun investisseur, aucun diplomate occidental, ne souhaite revivre l’épisode ridicule et tragique des « Dadis Show » qui ont ridiculisé la Guinée sur la scène internationale. Pendant ce temps,  Kôrô Alpha jubile…

Secundo, l’annonce d’un retour de notre Dadis national à Conakry après son « mariage » avec Kôtô Dalein ne prédit rien de bon pour le pouvoir de Kôrô Alpha. Car l’imprévisible putschiste risque de réveiller les vieux démons en pleine période électorale : retour possible de Toumba Diakité,  querelles intestines au sein de l’armée entre pro-et anti Dadis, réveil des pro-et anti-Konaté etc. Dans cette belle pagaille, beaucoup de langues vont se délier sur la gestion sombre et tragique de notre transition. Résultat : Kôrô Alpha (avec l’appui des occidentaux) fera tout son possible pour éviter le retour à Conakry de notre Dadis national pour sauver la présidentielle d’octobre prochain. D’ailleurs, il dispose pour l’instant d’une arme redoutable : il lui suffit simplement d’accélérer le dossier du 28 septembre 2009 pour cueillir notre Dadis national. D’ailleurs, plusieurs proches de Dadis sont sous pression y compris le Général Mathurin Bangoura, et plusieurs officiers de l’ancienne junte. Si son inculpation est confirmée auprès de la justice guinéenne, notre Dadis national ne sera d’aucune utilité pour Kôtô Dalein. Pendant ce temps,  Kôrô Alpha jubile…

Tertio,  rêvons d’une hypothèse où notre Dadis national arrive à Conakry et participe effectivement à la présidentielle d’octobre (un rêve pieux, mais rêvons quand même !). La météo politique guinéenne nous prédit souvent une évidence au premier tour : chaque électeur vote pour son parent. Dans ce calcul,  Kôtô Dalein fera un score soviétique au Foutah, Kôrô fera pareil en haute Guinée, Sidya Courant  va s’imposer en Basse Côte et…..notre Dadis national va rallier les siens à sa cause en forêt. L’énigme, c’est bien sûr au deuxième tour. En l’absence de leur candidat, beaucoup d’électeurs  votent blanc ou s’abstiennent ! Pour l’alliance Dadis-Kôtô Dalein, il est peu probable que l’électorat de la forêt suive des consignes de vote (fussent-elles de Dadis !).Si leur « champion » ne passe pas, les électeurs de la forêt risquent d’opter pour l’abstention pour ne choisir ni Kôtô Dalein (dont les militants tués le 28 septembre 2009 causent des ennuis à Dadis), ni pour Kôrô Alpha (les massacres de Zogoto, Womey sont encore dans les esprits).  Au final, beaucoup de bruits et très peu de gains pour Kôtô Dalein avec notre Dadis national pour  battre Kôrô Alpha. Pendant ce temps,  Kôrô Alpha jubile…

En définitive, l’alliance politique entre notre Dadis national et Kôtô Dalein symbolise une compétition macabre pour nos leaders : le cynisme pour gagner à tout prix. Dans cette course, Kôrô Alpha traîne ses « cadavres » sur le dos avec les 59 militants de l’opposition tués, les massacres de Zogota, Womey etc. Quand à Kôtô Dalein, même si des partisans zélés peinent à le reconnaître,  son alliance avec Dadis est une pilule qui ne passe pas ni auprès des victimes du 28 septembre 2009, ni auprès de la communauté internationale, notamment Paris, Washington et Bruxelles. Pour le face-à-face d’octobre prochain, tous les moyens sont bons pour gagner. Le grand perdant dans tout ça ? Devinez : C’est le guinéen qui continue de croupir dans la misère, malgré les immenses richesses de la Guinée. Seule consolation : prier le bon Dieu pendant ce mois saint de Ramadan pour sauver la Guinée de l’appétit vorace de nos (faux) politiciens. Car la présidentielle d’octobre sera le dernier round pour beaucoup de candidats et ils sont prêts à tout pour gagner le Kibanyi présidentiel. Mais ceci est une autre histoire. A très bientôt.

Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
damadou13@yahoo.fr

Créé le Jeudi 02 juillet 2015 à 12:16

Facebook icon
Twitter icon
Google icon

Nous vous proposons aussi