Guerre d’Imamat : Fermée, la mosquée sénégalaise de Conakry mise sous surveillance policière…

Société
Mosquée sénégalaise de Conakry   Photo-Africaguinee.com
Mosquée sénégalaise de Conakry Photo-Africaguinee.com

CONAKRY- A Conakry, il se passe quelque fois des scènes spectaculaires. Outre dans la vie politique, les batailles se transportent désormais dans les lieux de culte. Depuis quelques jours, la bataille pour le contrôle de l’imamat fait rage à la mosquée sénégalaise de Kaloum.

Ce lieu de culte, vieux de 96 ans, situé au quartier Kouléwondy au centre de Kaloum, est fermé depuis bientôt une semaine et mis sous surveillance policière. Le contrôle de l’imamat de ce lieu saint, est la source principale de ce conflit qui oppose notamment la  communauté Sénégalaise qui réclame la propriété de la mosquée à celle guinéenne.

A  la devanture de la  mosquée Sénégalaise fondée en 1919, un Pick-up de la police est stationné. Plusieurs agents rôdent aux alentours. Nul n’est autorisé à accéder à l’intérieur de la cour encore moins dans l’enceinte du lieu de culte. Même pour accomplir ses obligations religieuses.

Cette mosquée située au cœur du centre-ville de Kaloum, est pourtant très prisée par les fidèles musulmans. Elle  est orpheline de ses saints depuis mercredi dernier.  A chaque heure de prière, elle refoulait de monde. Mais aujourd’hui ce n’est plus qu’une mosquée fantôme qui est arrêtée au grand dam des fidèles.

Mercredi dernier, les fidèles musulmans ont assisté à une scène assez particulière. Deux groupes opposés sur l’installation d’un imam « contesté » ont failli en venir aux mains.

Après la prière de 14  heures, raconte un témoin sous le sceau de l’anonymat, la communauté Sénégalaise devait célébrer l’anniversaire d’un chef de culte très respecté chez eux. En l’occurrence Seydna Aboubacar Sy de la famille d’El hadj Malik Sy de Tiwawon.  A 16 heures, nous explique-ton, une délégation de la ligue islamique communale serait venue pour installer un septième imam, qui devait assurer l’intérim du premier  en souffrance.  Ahurie, pour n’avoir pas été informée à l’’avance, la communauté sénégalaise présente à la mosquée se serait farouchement opposée.

« On a dit que cet imam, EL hadj Youssouf Camara n’a pas sa place ici. Parce qu’il n’a jamais fait partie de l’imamat dans cette mosquée », nous explique un ressortissant sénégalais qui a requis l’anonymat.

A ce jour,  ce sont six imams qui se relaient dans cette mosquée  pour diriger la prière du vendredi et les autres prières journalières. Le camp opposé ne comprend pas que l’on vienne installer un septième imam pour assurer l’intérim du premier alors qu’il  y a d’autres qui étaient là avant.

Un grand tohu-bohu s’est emparé de la mosquée. Des témoins racontent qu’il y aurait même eu des bagarres ce jour entre les fidèles à la mosquée.

Pour éviter que le conflit ne dégénère et ne se transforme en affrontement entre guinéens et sénégalais, un ordre serait venu du haut niveau de fermer la mosquée.

Nos multiples tentatives de joindre les autorités religieuses sont pour le moment restées vaines.

Affaire à suivre…

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 31 11 12

 

Créé le Mardi 31 mars 2015 à 18:56