Morts et violences à Giécké: le parti de Faya Millimono indexe Alpha Condé

Violences à Giécké

Le Bloc Libéral (BL) condamne fermement les actes de violence perpétrés par les forces de l’ordre dans la ville de Diécké et dans les villages environnants, le 22 mars 2014. Ces violences ont fait quatre morts, plusieurs blessés graves et de nombreuses arrestations arbitraires.

Au moment où le BL publie cette déclaration, plusieurs habitants de Diécké et environs, terrifiés par les forces de l’ordre, se sont réfugiés au Liberia, pays limitrophe de la Guinée. Ils sont partis dans ce pays pour des soins médicaux suite à leurs blessures par balles ou pour fuir la répression des forces de l’ordre.

Le Bloc Libéral présente ses condoléances les plus attristées aux familles de nos compatriotes tués et souhaite prompte rétablissement à celles et ceux qui ont été injustement blessés. Par la même occasion, le Bloc Libéral exige la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées arbitrairement, la prise en charge médicales des personnes blessées et la création par les autorités des conditions favorables au retour des personnes en fuite pour se mettre à l’abri de la barbarie des forces de l’ordre.

Le Bloc Libéral impute à Monsieur Alpha Condé et son administration l’entière responsabilité des crimes contre les populations civiles en situations d’exercice de leurs droits constitutionnels. Dans tout Etat de droit, la constitution fait du gouvernement le gardien de la sécurité et de la vie des citoyens sans distinctions d’origine ou d’ethnie. La violence est donc antinomique à la pratique de la démocratie et de l’Etat de droit qui repose, entre autres, sur l’acceptation de la diversité de positions et de vues.

Depuis la prise du pouvoir par Monsieur Alpha Condé, la République de Guinée connait une récurrence de manifestations des populations civiles et de la violence d’Etat contre elles, particulièrement en région forestière. Tout observateur serait tenté de se poser la question de savoir qu’est-ce qui pousse des paysans de ces localités à organiser des marches de protestations ? En effet, l’examen des différents rapports et mémorandums adressés aux autorités compétentes par les populations de Diécké et de Saoro, ainsi que ceux des ONGs de la place, permet de comprendre que deux raisons au moins expliquent les manifestations populaires récurrentes. Il s’agit premièrement de la confiscation des terres agricoles des paysans sans contrepartie adéquate. En effet, la SOGUIPAH, avec la complicité de l’Etat, a exproprié les paysans de leurs terres pour réaliser les plantations, dites industrielles, de palmiers à huile ou d’hévéas. La seconde raison est que les paysans demandent vainement que la direction de la SOGUIPAH mette un terme aux pratiques de discrimination dont eux-mêmes et leurs enfants sont victimes lors de recrutements et d’engagements des employés. De sources concordantes, la SOGUIPAH emploie les gens beaucoup plus sur la base des recommandations des autorités préfectorales, régionales et nationales; que sur la base des compétences par voie de concours. Cela se fait au détriment des cadres autochtones, même de qualifications professionnelles supérieures.

Les répressions récurrentes des manifestations pacifiques des populations par le pouvoir en place nous amènent à conclure qu’elles s’inscrivent dans le cadre des manipulations machiavéliques visant à créer l’instabilité dans le pays pour des raisons politiques. Par de telles manipulations, le pouvoir pourrait trouver des raisons ou excuses de n’est pas organiser les élections locales, qui devraient se tenir cette année, et encore moins les présidentielles prévues pour l’année prochaine.

C’est pourquoi, le Bloc Libéral invite le peuple de Guinée à rester vigilant. Des risques d’instabilité politique et sociale sont en train d’être provoqués et entretenus par le pouvoir en place pour des raisons politiques. Très malheureusement, les Guinéens devaient s’attendre à plus de foyers de turbulence à mesure que l’année 2015 approche. Le pouvoir pourrait même faire recours à des complots imaginaires comme celui du 19 juillet 2011. Toutes ces manipulations auront pour but de retarder aussi longtemps que possible la tenue des élections présidentielles.

Bref, la détermination des autorités actuelles de créer l’instabilité dans le pays ou de faire taire les paisibles paysans dans l’exercice de leurs droits est le signe annonciateur de leur intention à museler d’abord les populations guinéennes, puis les partis politiques d’opposition, et enfin la presse. Si ce n’est pas pour des visées politiciennes mentionnées ci-dessus, le gouvernement aurait emprunté des voies pacifiques de résolution des problèmes qui secouent la Guinée Forestière, notamment depuis 2010.

Les Guinéens en général et les habitants de la Guinée Forestière en particulier sont plus que jamais déçus par la volteface du Président Alpha Condé. En effet, ses comportements d’aujourd’hui contrastent avec ses déclarations d’hier lorsqu’il était opposant. Il condamnait ses prédécesseurs d’abus de pouvoir, de mauvaise gouvernance, et de corruption économique et politique. Aujourd’hui, il s’avère aussi dictateur et abusif que ces prédécesseurs. Face à ses promesses d’instaurer une société juste et prospère en Guinée, les populations sont largement déçues par sa médiocre performance : les injustices font légion, la pauvreté va crescendo, l’eau et l’électricité sont de plus en plus rares, l’insécurité est galopante, le système de santé publique s’est davantage dégradé, etc.

Le Bloc Libéral exige l’ouverture immédiate d’une enquête pour identifier et punir tous les auteurs et les commanditaires des tueries du 22 mars 2014. Le Bloc Libéral demande à l’Etat guinéen, à défaut d’une indemnisation adéquate, de restituer aux paysans leurs terres afin de pacifier la localité par la justice et non par les balles. Le Bloc Libéral rappelle aux autorités actuelles que la Guinée évolue et que les Guinéens ne sont plus disposés à accepter un régime autocratique qui recourt à des méthodes de gestion politique des années 60.

Aux victimes et à leurs familles, le Bloc Libéral conseille de se constituer partie civile pour intenter des poursuites contre le préfet de Yomou, nommément cité par les rapports d’ONGs de la place, d’avoir été celui qui a ordonné les forces de l’ordre de tirer sur les manifestants pacifiques. Dorénavant, le BL leur témoigne sa solidarité et leur promet son soutien dans la mesure du possible.

Que Dieu protège la Guinée !

Fait à Conakry, le 1er avril 2014

Le Bloc Libéral

Créé le Samedi 05 avril 2014 à 11:43