Pourquoi les femmes enceintes ne doivent pas croire tout ce que les scientifiques leur disent

Grossesse

Une énième étude américaine sonne l’alarme sur les conséquences sur le fœtus de l’obésité chez la femme enceinte. A force d’overdose de recherches plus poussées les unes que les autres sur les grossesses, comment déchiffrer le vrai du faux ?

Atlantico : Une étude, publiée dans la revue scientifique américaine Cell, s'attache à expliquer l'obésité infantile par des modifications neuro-hormonales durant la grossesse. Vous paraît-elle crédible ? Ce genre d'études alarmantes n'alimentent-elles pas la culpabilité des futures mères ?

Jacques Lansac : Il s'agit d'un travail sur la souris et il est toujours hasardeux d'extrapoler une expérimentation chez l'animal avec un régime "programmé" pour passer à un régime alimentaire "choisi" chez l'homme. Laissons les conclusions de ce travail sur la souris à la souris !

Il paraît logique que la bonne santé de la mère permette une grossesse et un accouchement dans les meilleures conditions, alors quel est l'intérêt de ce genre d'études ? Quel est l'impact de l'alimentation de la mère sur la santé du fœtus ? L'obésité de la mère peut-elle causer des dysfonctionnements chez le foetus ?

Il est bien connu que la pathologie maternelle influe sur l'état de santé de l'enfant à naître : en cas d'hypertension, de tabagisme l'enfant est maigre et de petit poids, en cas de diabète, surtout s'il n'est pas équilibré l'enfant va être trop gros  avec des troubles du métabolisme des sucres. Ces problèmes in utéro influencent la santé de l'adulte que l'enfant deviendra et qui risque plus de diabète, d"hypertension, de problèmes cardiovasculaires qu'un enfant issu d'une grossesse normale.

Quels sont les chances pour un enfant de parents en surpoids de devenir obèse à son tour ?

Les chances pour un enfant de devenir obèse dépendent certes un peu du terrain génétique, métabolique, neuro-endocrinien mais beaucoup (90%) aussi de son alimentation et de son activité physique. S'il a un apport calorique trop riche et qu'il dépense peu car il est toujours devant les écrans, il grossira. Avec le même apport calorique, s'il a une importante activité physique, il ne grossira pas. La génétique et le métabolisme n'ont pas changé ces 50 dernières années ce qui a changé c'est la qualité de l'alimentation trop riche en sucre et graisses et la baisse de l'activité physique. Les enfants mangent trop sucré, trop gras, ne vont plus à pied à l'école ne jouent plus dans la rue.

Les parents d'aujourd'hui peuvent-ils permettre d'éviter l'épidémie d'obésité de demain ?

Bien sûr, en donnant à l'enfant une alimentation riche en fruits et légumes en supprimant les boissons sucrés (on doit boire de l'eau) les aliments riches en gras (viennoiseries , pâtes a tartiner ) pas trop de viande et en faisant faire de l'exercice à l'enfant : marcher , faire du vélo pour aller a l'école , jouer à des jeux de plein air et supprimer ou limiter le temps passé devant les écrans.

Le poids est essentiellement un problème d'équilibre entre les apports caloriques et les dépenses. Aujourd'hui, on se dépense peu et on a une alimentation trop riche. Il suffit de voir les pays pauvres il n'y a pas d'obèses... Si on mangeait moins riche, l'écologie de la planète s'en trouverait mieux !

Source: atlantico.fr

Créé le Lundi 24 Février 2014 à 14:47