Des milliers de migrants africains manifestent devant des ambassades à Tel-Aviv

TEL-AVIV - Des milliers de demandeurs d'asile africains entrés clandestinement en Israël ont défilé lundi à Tel-Aviv devant des ambassades occidentales pour protester contre la politique israélienne d'immigration, a constaté un photographe de l'AFP.

Ce nouveau rassemblement de ressortissants, originaires principalement du Soudan et d'Érythrée, survient au lendemain d'une manifestation monstre de plus de 30.000 d'entre eux à Tel-Aviv et du lancement d'une grève de trois jours.

Mais ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir de la part du Premier ministre Benjamin Netanyahu, inflexible sur la question de l'immigration illégale.

Les manifestations et les grèves ne serviront à rien, a prévenu M. Netanyahu, dont les propos tenus devant le groupe parlementaire du Likoud (droite nationaliste), son parti, ont été retransmis par la radio militaire.

De la même façon que nous avons réussi à bloquer totalement les infiltrations d'illégaux grâce à la clôture de sécurité, nous sommes déterminés à faire sortir ceux qui ont réussi à passer avant la fermeture de la frontière, a promis M. Netanyahu.

Il faisait allusion à la clôture électronique achevée l'an dernier qui s'étend le long des 230 km de frontière avec l'Egypte, ce qui a réduit pratiquement à néant le nombre d'entrées illégales en Israël à partir de l'Egypte.

Les autorités israéliennes refusent à ces immigrés, en très grande majorité africains, le statut de réfugiés, considérant qu'ils se sont infiltrés en Israël pour trouver du travail et non à la suite de persécutions politiques.

Pour leur part, les manifestants ont défilé devant les représentations américaine, britannique, française, allemande, italienne et canadienne avant de se disperser dans le calme, selon le photographe de l'AFP et la police.

Ils dénoncent le refus des autorités d'examiner leurs demandes d'asile, ainsi que le placement en rétention de centaines d'entre eux.

ONU, réveille-toi, ont-ils scandé en passant devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Depuis 2009, la compétence pour décider de l'attribution du statut de réfugié aux demandeurs d'asile en Israël est passée du HCR au ministère de l'Intérieur.

Le ministre de l'Intérieur Gideon Saar a rejeté lundi les critiques du HCR, assurant dans un communiqué que toutes les demandes d'asile étaient examinées par l'Office de l'immigration, et que les requérants étaient protégés de toute expulsion pendant ce laps de temps.

Le HCR a reproché dimanche à Israël dans un communiqué de ne pas accorder aux demandeurs d'asile l'accès au statut de réfugié, soulignant qu'en Europe plus de 70% des demandeurs d'asile soudanais ou érythréens se voyaient reconnaître ce statut.

La représentante de l'agence de l'ONU en Israël, Walpurga Englbrecht, citée dans le texte, s'est déclarée particulièrement troublée par la finalité du centre de rétention de Holot, dans le sud du pays, estimant qu'il fonctionne comme un centre de détention dont il n'y a pas de libération.

Selon une loi votée le 10 décembre, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu'à un an en rétention sans procès.

Le centre de Holot, qui a commencé à fonctionner en décembre, est ouvert pendant la journée, mais ses occupants doivent pointer à trois reprises et y passer la nuit.

Les autorités israéliennes estiment à 60.000 le nombre d'Africains entrés clandestinement et ont lancé en 2012 une campagne qui a abouti au départ ou à l'expulsion de 3.920 d'entre eux.

AFP

Créé le Mardi 07 janvier 2014 à 11:40